La Vague...

 

…Fallait-il que je succombe
Face au coucher du soleil
Suivre les derniers rayons cuivrés
Que chevauchent des étalons d'or
Regarder l'horizon en train de s'évanouir
Et essuyer les traits d'un arbre élancé
°°
Fallait-il que je m'allonge simplement
Que je m'étende les bras retroussés
Prendre comme oreiller une gerbe éparse d'herbe
Fermer les yeux et ne faire que rêver
Suivre de près la marche d'une libellule
Qui monte le long d'un fleuve évanescent
Les pieds nus, les cheveux au vent
Les jambes libres comme deux colonnes
Qui traversent le rire de l'eau…
°°
Le soir reprend un autre souffle
Je reste éperdu, les pensées rassérénées
La vie est belle, il suffit de la vivre pleinement
Les prés parfumés de lavande, de basilic
Les fleurs endormies laissent transparaître
Quelques fragments de pétales dorés
Et les corps semblent se prosterner
Se recueillir en attendant le prochain lever
°°
Je m'enivre dans les bras du soir
Suit le vol d'un essaim d'oiseaux retardés
Ils s'éloignent à tire d'ailes
Ils volent si bas, rasent les cimes alanguies
Et moi je vole aussi, les yeux ouverts
A la poursuite d'une étoile filante
Juste le temps de la saisir
Elle s'échappe en coup de vent
Tirée par une autre force, un autre voyage…
°°
Le froid vient me saisir
Je quitte mon promontoire
Ma demeure esseulée m'appelle
Ma plume attend sur la table de chevet
La veilleuse doit être allumée
C'est dans ce havre isolé
Où je reçois la visite des mots
Où je peins de mes mains d'autres portraits
Sous le regard des étoiles du firmament
Et les palpitations d'un cœur en harmonie…
°°
 

(© A. M. OUCHAD)

Merci Gilles L.

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