°°°Mélancolie°°°

 



Qu’il est doux de rêver, fenêtres, portes closes,
Quand le vent furieux se déchaîne au dehors.
Que l’automne apaisant voit se faner les roses,
Que l’arbre dans le bois se vêt de pourpre et d’or.

Dans l’âtre qui rougeoie la bûche s’étincelle.
Près de la cheminée le fauteuil vide attend.
En extase devant le berceau balancelle,
La mère va chanter la berceuse à l’enfant.

Le chat s’est étiré. Dans son regard étrange
S’attardent les reflets des flammes du foyer.
La fontaine aux oiseaux, où buvait la mésange,
Sanglote doucement à l’ombre du noyer.

Sur le toit une colombe
Pleure l’été qui s’enfuit,
Alors que le soir succombe
Aux vertiges de la nuit.

Instant délicieux où le cœur se repose,
Où l’esprit s’alanguit, où le corps n’a plus faim.
Qu’il est doux de rêver dans la maison bien close,
Quand l’orage dehors se déchaîne soudain.

Nous n’irons plus au bois des roses
Cueillir les fleurs à peine écloses,
En nous tenant tous pas la main.
Nous n’irons pas au bois demain.

© Renée Jeanne Mignard

 

Merci Renée Jeanne pour la permission accordée de me servir de ce savoureux poême de votre création!

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